Batman et Nolan – Le poing (final)

Puisqu’il faut un point final à toute bonne histoire, quand bien même on laisserait quelques portes ouvertes pour l’imaginaire, et que la forme logique d’une trilogie fait toujours sens, The Dark Knight Rises sera donc l’ultime épisode des aventures de Batman sous la houlette de Nolan. Une conclusion sur laquelle tous les regards auront été rivés.

I’m The Goddamn Batman !!!

Naissance/Chute/Renaissance

Schéma classique d’une saga aux accents mythologiques, la trilogie de Nolan aura au final su répondre aux exigences d’un récit porté sur la destinée d’un personnage rassembleur et qui tend à tirer les siens vers le haut. Batman en tant que symbole a échoué: en choisissant de porter sur ses épaules les crimes d’Harvey Dent/Double-Face, il a saboté son oeuvre et, pire encore, trahi ses idéaux. Le Dent Act évoqué dans Rises et mis en place à la suite de la mort du procureur White Knight a permis aux forces répressives de Gotham d’annihiler la criminalité visible et gênante, renvoyant dans les bas fonds, loin des regards des notables, toute la crapulerie de la ville. À aucun moment le crime n’aura été vaincu et encore moins les racines de celui-ci. Les raisons socio-économiques de la criminalité gothamiennes étaient assez stupidement évoquées par la petite Rachel Dawes dans Batman Begins (en gros, c’est la faute au méchant mafieux) et il faudra attendre Bane et sa pose de révolutionnaire populiste pour que ce malaise social soit enfin évoqué.

Car au final, que ferait Batman si ces leurres que sont les super-vilains n’étaient pas là et que son but était de purifier réellement Gotham ? Sa position pourrait être celle de Bane qui choisit de menacer directement un des symboles majeurs de la crise que nous traversons (la Bourse) et se pose en défenseur des opprimés face aux élites corrompues. Bien entendu, Bane se contente d’être une sorte de Mélenchon de la révolution et se sert du soulèvement du peuple pour asseoir le pouvoir de la Ligue des Ombres, la société occulte dirigée par Ra’s Al Gul, dont le but n’est rien de moins que la chute de l’Empire occidental (et plus généralement, de tous les empires gangrénés comme le précisait le personnage de Liam Neeson dans Batman Begins). C’est avec cette toile de fond (sur lequel je vais revenir), ce chaos absolu où plus rien n’a de sens (les gentils sont les méchants qui sont des gentils mais en fait non, pas vraiment) que Bruce Wayne pourra accomplir la destinée de ses deux identités et donner tout son sens à la trilogie.

Last Exit to Paradise

The Dark Knight Rises est l’épisode des masques qui tombent, des secrets éventés et des révélations. En cela, il est totalement apocalyptique et sa progression, toute en montées, marche du tonnerre de Dieu pour peu qu’on accepte les règles du jeu. À savoir: peu de Batman, un montage qui tranche dans le lard, fait des raccourcis et ne s’appesantit pas sur certains détails, une réappropriation totale de l’univers Batman. Si on regarde de plus près, les mêmes règles qu’auparavant, appliquées à une échelle plus grande vu les ambitions de cette conclusion. Car les Nolan ont misé gros sur cet épisode tout en prenant des risques avec le public acquis aux deux premiers et les fans de Batman. Le plus gros risque étant bien entendu cette conclusion.

Et oui, offrir une porte de sortie à Bruce Wayne ça peut dérouter, quand bien même cette fin n’a rien de véritablement définitif (puisqu’au final on ne peut que spéculer sur les évènements qui se passeront après le générique), c’est assez « inédit ». Non, Bruce Wayne n’a pas à porter le fardeau Batman toute sa vie. Oui, il en a fait assez à son niveau d’humain et la relève est là. Rien ne l’empêche de s’investir autrement pour combattre le Mal. Bien qu’à première vue cela puisse paraitre incohérent avec le personnage de Batman, il n’en est rien puisque l’angle qu’a voulu aborder Nolan est celui du réalisme. Du what if…?: « et si un personnage bigger than life, un symbole quasi-messianique, apparaissait dans notre monde ? » À mon sens, cette conclusion donne tout son sens à l’épopée de Nolan dans la mesure elle justifie tous ses précédents choix, les mène le plus loin possible et offre une véritable fin aux résonances mythologiques et humaines. En empruntant le chemin du héros, Bruce Wayne vivra son voyage au pays des « merveilles » (je renvoie au récent jeu Alice: Madness Returns pour mieux faire comprendre l’analogie) et en ressort transformé, apportant à sa communauté les fruits de ses enseignements. Humainement, il aura su transcender son traumatisme fondateur, vaincre ses propres tumeurs schizophréniques (le Joker, Bane et Ra’s Al Gul) en conservant sa ligne de conduite et à se souvenir de qui il était. Exit le fatalisme des comic books, bonjour la transcendance.

En procédant de la sorte, Nolan se permet non seulement de se libérer du personnage en toute beauté et offre un possible, un nouveau point de vue qui peut paraitre violent (d’une certaine façon, en refusant la pose romantico-désespérée, Nolan coupe le cordon avec une forme d’adolescence qui entoure Batman et son public – dont l’auteur de ses lignes aura eu bien du mal à accepter la disparition) mais qui s’avère nécessaire. Nécessaire dans le sens où la stagnation est synonyme de mort clinique. Comme le suggère Alfred, cette idée d’aller de l’avant. Discours qui, comme celui d’Hideaki Anno dans Evangelion s’adressant directement aux otakus, peut être pris comme une critique du geek enfermé dans ses névroses, incapable d’aller de l’avant ou de ramener dans le concret et pour les siens ce qu’il a pu découvrir dans ses mondes intérieurs. Tirer un trait sur une certaine idée de Batman, accepter de le voir partir, s’élever pour enfin s’accomplir. En cela, la trilogie de Nolan est allée beaucoup plus loin que toutes les précédentes adaptations du Chevalier Noir et se légitime donc parfaitement. Du début à la fin, peu importe les épisodes que l’on préfère.

Dans l’air du temps

Avant de conclure, je m’en voudrai de ne pas évoquer la toile de fond socio-politique de Rises. Bé oui, quand même. Quoi qu’on en dise, les éléments disséminés dans le film ne sont pas uniquement là pour faire joli ou avoir droit à des gros titres aussi stupides que racoleurs. Entre le Monde et sa vision « enfumage total » de la réalité politique ou les couvertures du Rotschildien Libération et de l’acéphale Télérama, on peut sentir d’une part l’asphyxie généralisée d’une presse plus illégitime que jamais, et d’autre part, les réflexes conditionnés par des années d’abandon de critiques sérieuses sur le terrain politique. Pour faire simple: QUE D’LA MERDE. Nolan s’est donc permis sur ce dernier épisode de déchainer les passions (je n’ai fait que citer les exemples français qui ne sont qu’un ersatz de la connerie qu’on peut trouver outre-Atlantique), et pile en 2012, année charnière à bien des niveaux: élections américaines, élections russes, élections françaises, renouvellement du bail de la FED, etc… 2012 est une année chargée, et qui dit année chargée (comprenez « on va essayer de vous en faire passer bien plus et bien plus gros ») dit cerveau du peuple à manger au dessert. Un évènement en remplace un autre, les scandales se succèdent, sorties frénétiques de grosses machines hollywoodiennes faites à l’arrache, tout est bon pour distraire les gens avec de la poudre aux yeux. The Dark Knight Rises ne va pas vraiment à l’encontre de cela en donnant dans le subversif. Non, faut pas rêver. Une telle machine sous la surveillance des studios ne peut se permettre de taper clairement là où ça fait mal. Il faut donc ruser.

Je ne m’avancerai pas sur ce que peuvent penser les Nolan de la situation actuelle, ni leurs opinions politiques (d’ailleurs, je m’en fiche légèrement), par contre il est indéniable qu’ils ont su capter les enjeux notre triste époque, sans commettre « l’erreur » de prendre parti pour un des camps imposés (pouvoir en place ou révolutionnaires), mais en se plaçant systématiquement du côté de la Justice et du peuple, peu importe la catégorie sociale de celui-ci. En permanence, les couples d’opposés sont renvoyés dos à dos et leur illégitimité est mise en lumière. Que ça soit le Dent Act mis en place grâce aux mensonges de Batman et Gordon qui n’aura finalement bénéficié qu’aux classes aisées, laissant le reste de Gotham pourrir ou le tribunal expéditif dirigé Jonathan Crane, parodie de justice mise en place par Bane et son administration pseudo-populaire, le constat est clair: plus ça s’oppose, plus ça va dans la même direction. Au milieu de tout ça, les petites et braves gens (superbement illustrées à l’écran par deux personnages: John Blake et Selina Kyle) et au dessus de tous, le Batman « ressuscité ». Le film tout entier se pose en plaidoyer populaire: reprendre le pouvoir et la liberté des mains de ceux à qui les ont laissés les gothamiens, entraide, le bien commun au dessus des intérêts personnels… Les parcours de Blake et Selina, ainsi que celui de Wayne, les mèneront irrémédiablement à ces conclusions, non par altruisme mais par logique et un souci de justice. En partant de là, je vois mal comment le film peut être vu comme une défense de l’ordre établi ou comme un manifeste anarchiste.

Dès Begins, Nolan mettait timidement le doigt sur les problèmes qu’engendraient les élites dévoyées. Dans The Dark Knight, il s’amusait via le Joker à réduire en cendres l’objet de toutes les convoitises. Dans Rises, Bane et sa troupe (qu’on croirait parfois tout droit sortie de Fight Club et du Projet Chaos) ont tout l’apparat des défenseurs du peuple, mais, comme dans Matrix et sa prophétie carotte, un système de contrôle en remplace un autre. Bien entendu tout cela sert essentiellement de décor pour que les personnages puissent s’accomplir, mais Nolan aura au moins eu le mérite de ne pas faire l’autruche sur ces sujets dont…aucun film ne parle.

L’après Nolan

Avant de spéculer sur ce qui se prépare pour l’avenir concernant la franchise Batman et sur l’empreinte que Nolan aura laissé, un petit bilan s’impose sur ce qui s’est passé ces dernières années. Le succès de Begins et The Dark Knight a ressorti Batman de la poubelle dans laquelle l’avaient mis les deux films de Schumacher. Le personnage n’était pas mort pour autant mais son aura (hors comic books) avait pris un sacré coup dans la gueule. Plusieurs projets avaient été annoncés à une époque, on ne savait pas trop ce qui allait se faire (d’un côté, on entendait parler d’une adaptation de Year One, de l’autre du fameux Dark Knight Returns), ni qui allait être derrière la caméra (Nolan a remporté la place face à Darren Aronofsky avec un projet apparemment assez similaire). À sa sortie, Begins fut applaudi pour avoir su ramener le héros dans une réalité non-fantasmagorique, très proche de la nôtre, et pour avoir adapté une des versions les plus saluées de Batman. En doublant quasiment la mise de base (un confortable budget de 194 400 000 de dollars pour un box office mondial de 372 710 015 de dollars) et avec un parti pris qu’on pourrait qualifier d’old school (le fétichisme de la pellicule et refus des effets spéciaux numériques omniprésents), Nolan aura su imposer ses choix et la nouvelle direction que prendra la franchise dans ses produits dérivés. À commencer par la plus grande réussite, le jeu vidéo Batman: Arkham Asylum.

La franchise Batman, c’est un peu comme les Siths (et les Zelda), ça marche souvent par deux. Les films de Burton bénéficiaient de l’exceptionnel travail de Bruce Timm et Paul Dini (ce dernier étant aux commandes des scénarios des deux jeux de la saga Arkham sortis) sur la série animée qui en reprenait l’esthétique et l’ambiance tout en traçant leur route en parallèle. C’est exactement ce qu’ont fait les gars de Rocksteady avec deux jeux qui sont indéniablement ce qui s’est fait de mieux dans le genre super héros. La direction artistique « réaliste » des jeux de Rocksteady s’inspirera des films de Nolan tout en se permettant eux aussi d’évoluer en parallèle pour s’affranchir de leur grand frère. Malheureusement, l’annonce du départ de Dini de la série peut laisser dubitatif quant à la suite des évènements, mais en deux jeux, les créateurs de cette saga auront su nous mettre véritablement dans la peau du Batman et combler toutes les attentes auxquelles les films n’auraient pas su répondre. Une complémentarité assez parfaite qui, avec les comics et les quelques films d’animation, offre un large panel pour les fans du caped crusader. Au final, aucune raison de pourrir la tronche de Nolan puisque sa version ne se veut pas absolue, ultime et définitive, mais bel et bien personnelle et parallèle. N’est ce pas monsieur Pierret ? (j’ai mis le temps à piger, mais ça va, j’ai pigé)

Quelques films d’animations sont sortis, dont le sympathique Batman: Gotham Knight fait plus ou moins sur le modèle Animatrix (quelques réalisateurs nippons, format court métrage) sans la cohérence de ce dernier qui se mariait totalement avec la saga des Wachowski. Ici, aucun lien (même si cette anthologie se prétend faire le lien entre Begins et The Dark Knight): quelques variations allant du très bon Have I Got a Story for You par le Studio 4°C, au médiocre Field Test (Bee Train) en passant par des essais plus ou moins réussis (on reconnait largement la science de Yoshiaki Kawajiri dans le percutant Deadshot). Reste une OAV assez sympathique supervisée par Bruce Timm (bien installé dans son poste de producteur sur toutes les OAV issues des DC Comics).

La suite des évènements est plus ou moins obscure. Nolan s’est clairement fait un nom chez Warner et DC, ce qui l’a logiquement mené au rôle de producteur sur le prochain Man of Steel de Zack Snyder, le nouveau reboot de Superman. Une association qui divise tout autant qu’elle intrigue (comme a pu l’être celle formée par Michael Bay et Steven Spielberg sur les Transformers) et dont nous verrons le résultat en 2013. On sait également que la franchise Batman sera elle aussi rebootée d’ici 2015/2016, avec Nolan pour chapeauter l’affaire dans une nouvelle saga qui différera de l’actuelle trilogie. Le projet JLA (qui avait été confié un temps à George Miller, le papa de Mad Max et d’Happy Feet) est lui aussi relancé et nous aurons droit à une guerre sur grand écran entre Marvel et DC. Difficile de donner l’avantage à quelqu’un pour le moment, mais le fait qu’il y ait une personne (équipée d’un cerveau) pour superviser ces adaptations est plutôt bon signe. On attend de voir les résultats, car comme Marvel et sa ribambelle de navets, DC a aussi permis à des réalisateurs de commettre quelques atrocités (Catwoman par Pitof et Green Lantern de Martin Campbell sont au moins aussi lourds à porter que Ghost RiderDaredevil ou Les 4 Fantastiques, pour ne citer qu’eux).

Ce que laisse derrière lui Nolan ? Un blason redoré, un personnage revenu ancré dans une réalité commune, et grâce à sa conclusion, une table toute propre pour qu’un nouveau joueur prenne place. C’est quand même pas rien. Je ne crois définitivement pas qu’il ait cherché à poser le Batman ultime mais bel et bien à adapter Batman en fonction de sa propre sensibilité, probable que ça soit cette intention qui ait fait que ses films tire le genre vers le haut. Bien entendu, j’espère voir un jour Batman bénéficier sur grand écran du même traitement qu’un Hellboy ou un Spider-Man, une dévotion totale au personnage, mais en attendant ce jour, cracher dans la soupe et rejeter ce qui nous a été proposé serait une hérésie.

Le but de ces articles n’était pas d’asseoir une quelconque vérité sur le travail de Nolan et son équipe, mais bel et bien de suggérer des pistes de lecture pour prolonger le plaisir des films et ouvrir la discussion. Désolé pour les tournures de phrases parfois ratées et les coquilles.

EDIT/ERRATUM

En direct de New-York/Gotham, on me passe cette info: The Dark Knight Rises en véritable IMAX is the real shit. Et il semblerait que le face à face Bane/Batman soit la scène qui rende le mieux. Ce qui remet en question mes précédents propos sur la mollesse des combats. À vérifier donc.

Nolan et Batman – Le point (2ème partie)

Pour The Dark Knight Rises, Nolan et son frangin font un choix complètement fou-fou: aller dans l’esprit comic books. Attention, séquence relativisation: on parle d’un gars qui à travers ses films nous a montrés un désintérêt quasi-absolu pour tout ce qui peut sortir de la logique, de la pensée et du rationalisme. Chose assez intéressante à constater quand on voit qu’il a toujours fait des films sur des déviants, psycho-bizarres, tiraillés entre des opposés fondamentaux, voire tout simplement des fous. Un sacré grand écart qui fait que chacun de ses pitches ainsi que les genres qu’il investit sont souvent fascinants. Une machinerie bien huilée, proche du souci perfectionniste des personnages du Prestige, face à laquelle je n’ai pu m’empêcher de penser « et si on y foutait un grain de sable ? ».

Et Bim, et ça rentre !

Un ouf dans sa tête

Je ne sais pas si lui-même se rend compte de la récurrence de ses thèmes et des problématiques de ses personnages, et du fait que sa filmo puisse être une énième psychothérapie inconsciente (combien d’oeuvres hantées par des psychoses jamais transcendées par leurs auteurs ?), mais c’est toujours intéressant à observer. Essentiellement si l’auteur ne tourne pas en rond et qu’il fait avancer ses névroses (bisou Bryan Singer), sinon, c’est chiant et la vague impression d’être un psy qui paierait son patient commence à nous ronger. Toujours est-il que chez Nolan, il y a rarement eu de catharsis heureuse (dont il vante littéralement les mérites dans Inception): la mort, l’oubli, la douleur enfouie encore plus profondément, la séparation… Bref, autant vous dire que si vous êtes le personnage principal d’un de ses films, vous allez quand même en chier et ça finira pas très bien.

C’est là qu’arrive le « et si…? ».

« Et si j’allais à l’opposé de ce que j’ai fait jusqu’à maintenant ? », voilà le genre de pari qu’on peut se lancer à soi-même et que s’est inconsciemment lancé Nolan en écrivant ce dernier opus. Vu que le monsieur n’est pas un extrémiste dans l’âme, ce pari n’aura de conséquences que sur certains détails…mais le diable est dans les détails cher Christopher. Compter sur la suspension d’incrédulité du spectateur est, de sa part, un effort assez spectaculaire. Choisir de ne plus tout justifier et faire un contrat moral avec le public (« c’est complètement improbable, mais vous verrez, ça en vaut le coup ») pour pouvoir pousser son histoire dans le territoire (au final) logique qui aurait dû être le sien depuis Batman Begins, c’est culotté à son niveau. Sauf que…le public a majoritairement signé un contrat sur le reste de sa filmographie, notamment ses Batman. C’est un peu comme la pièce d’Harvey Dent devenant celle de Double-Face (« I make my own luck » dans ce cas là comme un aveu d’autisme). Ça peut être choquant. Et ça l’est. En bout de chaine, le risque est de s’attirer les foudres de ceux qui le suivaient. Comme le chantait Stan dans South Park: « Do what you wanna do…as long as what you wanna do is what everyone wants you to« .

« T’as changé mec… »

Dans la filmographie de Nolan, The Dark Knight Rises est un « film-phasme »: il remplit tout le cahier des charges des précédents, sauf qu’il y a eu une évolution. Au même titre qu’une espèce venant d’évoluer peut être considérée comme intrusive, The Dark Knight Rises a créé un schisme au sein de son public. Extraits choisis:

Prôner continuellement la carte du réalisme pour finalement accoucher de cet engin à faire complexer un Transformer, c’est couillu.

Autre exemple parlant:

 « Nolan fait des blockbusters intelligents, des polars, pas des vulgaires comic book movies bariolés et immatures comme Marvel. Lui, il transcende le genre en faisant des vrais films adultes comme Le Parrain et Heat qui peuvent être nominés au Oscars eux parce qu’ils sont super sérieux, crédibles et réalistes, sombres, ancrés dans une réalité qui se confond avec la nôtre où tout est expliqué et justifiable etc »

…au sortir du film, on relève moult facilités, incohérences et raccourcis à gogo où Nolan semble totalement jeter aux orties son parti-pris au profit d’une succession de péripéties abracadabrantesques et d’ellipses arbitraires.

Je ne pense pas que les personnes citées au dessus étaient spécialement conquises par le cinéma de Nolan et j’aurais pu rejoindre ces avis si je n’avais pas eu l’impression que Nolan faisait un pas en avant vers certains de mes désidératas. Donc, Cricri, tu fais un pas, j’en fais deux (mais t’as quand même un peu chié dans la colle par moments). Choisir d’aller de l’avant plutôt que tourner en rond, je ne peux que soutenir, malgré les maladresses. Qui grognerait après un nouveau-né faisant ses premiers pas ? Bande de nazis.

Accepter que son film soit illogique, incohérent avec sa ligne ou simplement improbable n’a pas dû être simple, ce qui me laisse imaginer deux voies (même si la vérité est probablement ailleurs, peut être entre les deux: l’un pouvant mener à l’autre):

1/ c’est volontaire, tentative d’aller de l’avant,

2/ c’est volontaire, ses précédents choix l’ont mis dans une impasse.

Dans tous les cas, ça n’est pas le fruit du hasard. Vu sa position et sa capacité à créer la pluie et le beau temps ces dernières années chez Warner Bros, j’ai beaucoup de mal à l’imaginer confronté aux même problèmes auxquels a dû faire face Sam Raimi (qui aurait logiquement dû avoir les coudées larges vu le succès de ses films) sur sa conclusion de Spider-Man. Je ne pourrai que spéculer sur la suite des évènements, mais je ne pense pas qu’il poursuive bien longtemps dans cette voie « lâcher-prise »: ça lui fait commettre des erreurs et son amour-propre ne doit pas l’épargner.

Bon trèves de spychologie de comptoir: ton film tu le veux réaliste ou épique ? Tu veux que ton personnage principal soit victime de la gravité ou qu’il en triomphe ? Dis, c’est quand que tu lui fais envoyer un coup de grappin pour qu’il se casse hors champ ?

Le dilemme

Trois films pour comprendre que faire l’impasse sur Batman allait finir par être dangereux, c’est long. Mais bon, vieux motard que jamais. Dans la saga de Nolan, Batman est ce personnage un peu honteux, un peu « ouais…un mec en costume de chauve-souris qui fait flap-flap avec sa cape…mouais ». Il y avait bien quelques scènes, mais personnellement, à aucun moment sur les deux premiers il n’y avait ce souffle épique du super-héros en action, où il impose grave. Le genre de sensations qu’on peut éprouver lorsque Spider-Man sauve Tante May, ou dans un autre genre (mais comparable), quand le thème de Wong Fei-hung surgit et que l’on sait déjà qu’on va en prendre plein les mirettes. Dans Batman Begins ou The Dark Knight, rien de vraiment marquant. Des amorces parfois de ce que ça pourrait être (la scène prédateur lors de sa première intervention en costume), une vague idée de ce qu’est « le plus grand détective au monde » (que Moffat a parfaitement compris pour son génial Sherlock qui, à mon sens, est la meilleure adaptation live de Batman – la parenté entre les deux personnages est tellement évidente), mais rien qui n’allait jusqu’au bout. Et cette déception est en partie corrigée par The Dark Knight Rises. Batman a peu de scènes (trois à vrai dire, même si le final est long, c’est peu), mais il est cette fois mis en avant, avec toutes les maladresses auxquelles on pouvait s’attendre: combats au corps à corps à la ramasse montés à la serpette et filmés comme des dialogues (champ/contre-champ). Attention, on ne tombe par dans le trip épileptique et incompréhensible de Begins ou, dans une moindre mesure, The Dark Knight, mais c’est quand même pas la fête. Reste qu’il y un effort, Nolan ne cherche plus à cacher Batman et tout de suite, ça fait vraiment plaisir. Surtout quand il fait ce qu’il sait bien faire: les poursuites et la mini-scène prédateur.

Le retour de Batman, après 45 minutes de métrage, est à ce titre assez réussi et parlant comme changement radical dans la méthode: là où Nolan nous aurait décrit en long et en large les enjeux de l’attaque de la Bourse avant de nous le montrer, cette fois, tout se déroule assez vite. On a été préparés pendant trois quarts d’heure au retour de Batman, on connait les nouveaux enjeux (Gotham en paix apparente pourrit de l’intérieur, Wayne comprend qu’il s’est absenté trop longtemps du réel et qu’il est nécessaire de redéfinir les tenants et aboutissants de sa mission, de nouvelles têtes sont apparues et tout est en place pour une petite apocalypse: l’enfer remonte à la surface): allez Billy, envoie la sauce. Et il le fait sans s’apesantir. Et c’est bien. De la part de Nolan, c’est un effort comparable à celui que feraient les Dardennes s’ils acceptaient de se servir d’un trépied pour leur caméra.

Du symbole à l’incarnation: le petit Campbell non-illustré

La note d’intention  de Nolan était claire depuis le début: que se passe-t-il lorsqu’un humain transcende sa condition de mortel pour devenir un symbole immortel et incorruptible ? C’est un peu le genre de questions que posaient les Wachowski sur le premier Matrix et auxquelles ils répondaient brillamment dans Reload et Revolutions (et oui, on peut toujours TOUT ramener à Matrix). Le changement de statut (de Neo à The One, de Bruce Wayne à Batman) amorce quelque chose, mais n’est qu’un moyen, jamais une fin. L’expérience symbolique n’a de valeur que lorsqu’elle est projetée dans une réalité matérielle, une incarnation. Au début de The Dark Knight Rises, Bruce Wayne est donc aussi paumé qu’un Neo au début de Reload. La quête de sens a pris le pas sur la quête de l’être, ce qui annihile toute possibilité de sortir de la spirale (les comic books et leurs histoires sans fin…).

Bien soucieux de proposer une fin cohérente et définitive à son personnage principal, Nolan va s’employer à dynamiter certaines fondations du mythe Batmanien. La mort de ses parents ? Remplacée par celle de Rachel Dawes. Gotham en paix ? Bruce Wayne part en lambeaux. L’irremplaçable Alfred ? Son plus fidèle soutien le rejette… Bien entendu, ces détails ont pu être abordé dans le comics auparavant, mais au final, Bruce Wayne revenait toujours à la case départ. Ce qui n’est absolument pas le cas de Rises qui se rapproche du final qu’offre Miller à Wayne dans The Dark Knight Returns (en espérant que quelqu’un ait un jour les cojones d’aller fouiller du côté de The Dark Knight Strikes Again, voire de Kingdom Come).

En terme de destruction, Bane s’avère être le personnage parfait puisqu’il est le seul à le menacer aussi bien physiquement que spirituellement. Et c’est donc ce qu’il va s’employer à faire en menant le combat sur le terrain socio-économique de Gotham, en s’imposant comme un double de Batman « inversé » (l’opposition de leurs masques est assez significative, Bane reprend le discours que tient Bruce Wayne à Alfred sur les corrompus, il s’impose lui aussi comme un symbole surgissant face à l’oppression, etc…) et en brisant le dos de Batman pour le jeter dans le ventre de la baleine, la version Nolan du Puit de Lazare (dans le comics, la source d’immortalité de Ra’s Al Gul). C’est dans cet enfer, théâtre d’une tragédie qui a mené à la création de Bane et Talia (la fille de Ra’s Al Gul), que Wayne devra faire face à ses démons et se retrouver en prenant conscience de ce qui l’a mené sur cette voie et pourquoi il a échoué. En effet, la solution qu’il propose dans Batman Begins est plus que discutable: transmettre sa peur aux autres, pour éviter d’y faire face et l’accepter, ne semble pas fonctionner puisque son mal être n’a fait que se renforcer. Les nouveaux moyens pour y remédier: révélations, élévation, ouverture et dissolution dans le Tout.

À suivre…

Nolan et Batman – Le point (1ère partie)

Il y a 7 ans, Christopher Nolan ravivait le mythique Batman et parvenait par un habile mélange d’influences à attirer un large public qui, en silence, attendait le retour du caped crusader. Pendant ces 7 années, et en l’espace de cinq films, le réalisateur britannique se sera bâti une aura d’intouchable qui créera chez les cinéphiles de tous bords des dissensions fondamentales. Nouveau génie ? Roi de l’esbroufe ? Renouveau du blockbuster ? Castrat de l’imaginaire ? La sortie du très attendu The Dark Knight Rises est l’occasion de voir d’un peu plus près où en est le bonhomme et ce qu’il en est de sa saga, ses tenants et aboutissants, l’avant et l’après.

Promis, cette fois je suis dans le film !

« The Legends Ends… »

Voilà des mois qu’on préparait un public conquis d’avance à cet ultime épisode avec de multiples trailers, des photos de la nouvelle Catwoman, des déclarations fracassantes du réalisateur et cerise sur le gateau, une tragédie lors d’une avant-première. Comme on a pu le voir par le passé, Nolan aime jouer avec le métatextuel et la campagne marketing s’intègre souvent parfaitement au propos du film. Souligné, surligné, mis en gras et en lettres géantes, le british a la finesse d’un pachyderme pour faire passer ses messages, ce qui lui aura valu de nombreuses critiques de la part des gens privilégiant un cinéma faisant appel à l’évocation, aux ressources et à la capacité du spectateur à comprendre ce qui passait par sa mise en scène. Chez Nolan, on déclame, on répète encore et toujours, inlassablement, les mêmes phrases pour que ça soit bien compris. Compris ? Les mêmes phrases. Encore et toujours. Chez Nolan. Inlassablement. Les mêmes phrases. COMPRIS ?.. Hum. Oui, je l’avoue: cette tendance à insister lourdement sur un propos déjà pas finaud m’a souvent déçu. Entre ça et le fait qu’il investisse des genres et des univers qui en général ne servent que de toile de fond dont il ne retient que le concept de base, je m’étais fait une raison avant d’aller voir le film: « si c’est pourri, je n’irai plus voir un seul de ses films ».

Sur les deux premiers épisodes, j’avoue avoir beaucoup cherché Batman et ne l’y avoir point vu. Du coup, finir une légende qui n’a pas vraiment commencé, c’était quand même gonflé. Mais cet avis n’étant pas majoritairement partagé, et The Dark Knight ayant fait péter les scores du box office, l’accroche était légitime. The Dark Knight Rises reprend donc huit ans après les évènements de The Dark Knight. Après une introduction du personnage de Bane (interprété par un imposant et toujours charismatique Tom Hardy), on retrouve Bruce Wayne, devenu aux yeux des gothamiens une sorte d’Howard Hughes (clin d’oeil à son projet avorté pendant un temps et peut être futur film ?) cloîtré dans son manoir (yeah ! le manoir iz back !). En réalité, la confrontation avec le Joker et Double-Face l’a profondément blessé (l’un a tué sa bien aimée, la plus qu’oubliable Rachel Dawes, l’autre l’a indirectement remis dans une position d’outlaw) physiquement et psychologiquement. À peu de choses près, on retrouve le Bruce Wayne vieillissant de Frank Miller et de son mythique Dark Knight Returns. Le travail de Miller sur Batman ayant toujours été annoncé comme une des références principales de Nolan, on ne sera guère surpris de retrouver ici et là des éléments y renvoyant assez directement.

La légende est donc déjà finie…sans avoir commencé et sans qu’on l’ait vu finir ! SCANDALE ! REMBOURSEZ ! AU BÛCHER NOLAN !

Oui mais…c’est avec ce postulat de base qu’il va ENFIN pouvoir commencer sa saga. En repartant sur des bases nouvelles, ce bon Cwistopheur s’offre le luxe d’un nouveau départ balayant les acquis des précédents épisodes tout en se servant des mécaniques mises en place pour conclure tout cela logiquement. Dire que The Dark Knight Rises rend caduques les deux autres films serait exagéré mais il y a de ça: le film est suffisamment didacttif et clair (par le biais de nombreux flashbacks et évocations verbales directes des personnages et évènements) pour s’en passer. Hérésie pour les fans de Batman Begins et The Dark Knight, bénédiction pour leurs détracteurs.

Nouvelles règles

Aux dires de Nolan, bien que l’idée d’une trilogie avait été évoquée dès le début de sa collaboration avec David S. Goyer, il n’avait jamais pensé aller jusque-là. Désireux de profiter des nouvelles opportunités que lui offrait son statut, il était évident qu’il n’allait pas se dévouer corps et âme au justicier de Gotham. C’est ainsi qu’il a pu tourner entre chaque épisode un film de son propre crû: Le Prestige et Inception qui assiéront sa position dans la A-list des réalisateurs hollywoodien. Pris dans cet engrenage et assez régulièrement détourné du Chevalier Noir, c’est sans étonnement qu’on retrouve les mécaniques scénaristiques de ses films personnels intégrés à l’épisode de Batman les suivant (Joker nous fait un superbe Prestige et dans The Dark Knight Rises, l’organisation de l’équipe de résistance ressemble à celle d’Inception). À jongler avec tant d’univers, on peut aisément en déduire que le maëlstrom dans lequel Nolan flotte depuis 2005 est tel que perdre de vue ses objectifs est parfaitement envisageable (sans parler de la pression qui repose sur ses épaules: beaucoup n’attendent que de le voir chuter, c’est un nouveau sport…). Et sans l’ombre d’un doute, pour le meilleur et pour le pire, c’est ce qui s’est passé sur ce nouvel épisode de la franchise.

Au vu des premières réactions, cet opus divise…dans des camps déjà divisés, bien loin du « ceux qui ont aimé les deux premiers aimeront et vice versa ». Non. La confiance gagnée sur les précédents épisodes associée à un égo bien balèze donnera des ailes à un Nolan (et sa team: Emma Thomas compagne/co-productrice, Jonathan Nolan frangin/co-scénariste, David S. Goyer scénariste) déjà en roues libres sur Inception. Cette fois, il s’autorise à prendre à bras le corps son sujet et à en faire ce qu’il souhaite, à donner SA version du Dark Knight. Probable que ce soit cette prise de liberté qui fasse que le film crée une mini-zizanie parmi les fans (des films ou plus généralement, du personnage), car, entendons nous bien: les incohérences, cassures de rythme, dialogues démonstratifs, combats mollassons et autres scories reprochés au film sont là depuis le début et présents tout au long de la filmographie du bonhomme. Donc, c’est quoi le problème ?

« Kill your idols »

Si ça n’était pas clair, autant le poser de suite: je pense que The Dark Knight Rises est un très bon film de Nolan. Je pourrais même dire que pour un film de Nolan, c’est étonnamment bon parce que très décomplexé, chose à laquelle il ne nous avait pas du tout habitués depuis ses débuts, se refusant à toute forme de fantaisie quel que soit son sujet. C’est pour ces raisons que jusque-là, sa saga Batman était considérée comme une tentative d’ancrer les super-héros dans notre réel (un peu ce que M. Night Shyamalan avait fait avec Incassable), tentative qui se transforma en succès car largement approuvé par un public généralement rebuté par l’aspect fantastique des super héros, même lorsqu’ils n’ont pas de super pouvoirs. Adoubé par la critique, acclamé par le public, qu’est ce qui pouvait bien arrêter Nolan sur son chemin de gloire ? La réponse: The Dark Knight Rises.

En acceptant certaines « règles » inhérentes aux comic books, Nolan s’est aliéné une partie de son public qui jusque-là venait voir un film de Nolan plus qu’un film estampillé Batman, de la symbolique plus que de l’incarnation.

Ce qui a séduit un large public est ce qui m’a repoussé. Ce refus d’entrer de plain pied dans l’univers de Batman en se contentant de mettre en lumière uniquement ce qui servirait ses thématiques me semblait, plus qu’une hérésie, un gâchis monumental. Batman Begins parle de Bruce Wayne avant tout et The Dark Knight du Joker. Le Chevalier Noir est cantonné à un rôle d’ombre, voire de figurant et ses moments sont inexistants. Avec The Dark Knight Rises, Nolan et son frangin (avec l’aide de Goyer) s’emploient à détruire tout ce qu’ils ont fait jusque-là et à tout reconstruire. Tel un Luke Skywalker retournant sur Dagoba pour finaliser sa formation de Jedi, Bruce Wayne retourne sur les traces de son mentor, Ra’s Al Gul, pour venir à bout de son ce qui l’a mené sur cette voie: la peur. Et cette fois, il n’est pas question de la vaincre mais de l’accepter.

En faisant le pari « risqué » (il est toujours bon de relativiser: le film est quand même un carton) de déjouer certaines attentes, Nolan, tout comme les Wachowski sur les suites de Matrix (toutes proportions gardées, rangez ces fusils à pompe…), se met à dos un public venu retrouver la formule gagnante des deux premiers films.  En menant sa saga à une conclusion logique, le golden boy est conchié par toute une partie de la presse, des « autorités geeks » (sic) et du public…tous ceux qui l’ont monté en épingle depuis Batman Begins (voire Memento). « Tuez vos idoles » qu’ils disaient…

À suivre…

Cloud Atlas

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Quoi de mieux pour ouvrir ce blog qu’une petite vidéo toute sympatoche de ce qui était annoncé comme la grosse baffe cinématographique de 2012: CLOUD ATLAS. Andy & Lana Wachowski (Saga Matrix, Bound, Speed Racer) ainsi que Tom Tykwer (Cours Lola, Cours, Le Parfum) derrière la caméra et au script, adaptant le livre culte de David Mitchell datant de 2004.

Une belle brochette donc pour un film qui n’en a montré que très peu…jusqu’au dernier festival de Cannes où une copie de travail a été montrée au marché du film laissant les quelques chanceux l’ayant vu bouche bée. La Warner (distributeur du film, la production étant quant à elle indépendante - comprenez « non hollywoodienne » – donc plus de liberté pour les créateurs), pas folle, précipite la sortie du film avec, dit-on, un espoir pour les Oscars. Et puis…plus rien.

Jusqu’à aujourd’hui.

Aujourd’hui, un trailer de plus de 5 minutes est tombé. Et qu’en dire ? L’admirateur inconditionnel du boulot des Wachowski que je suis ne peut qu’aligner des superlatifs qui pourront paraitre ennuyeux. Donc, le mieux est de vous faire votre propre idée.

Le trailer en HD: préparez vos yeux.

NDR > Pour le moment, aucune date annoncée pour la France (alors que l’Angleterre, l’Allemagne et la Belgique ont des dates). Certains craignent un report à 2013… Un groupe s’est formé sur Facebook pour faire réagir Warner Bros France. Rejoignez le !

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